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Rome inaugure un musée des Coupes du monde non jouées depuis 2018

Coupe du monde Italie

ROME — Inauguré ce lundi en grande pompe, le tout nouveau Musée des Coupes du monde non jouées par l’Italie depuis 2018 propose aux visiteurs une plongée bouleversante dans huit années d’absence soigneusement conservées. Maillots impeccables, albums Panini restés intacts, billets d’avion jamais réservés et espoirs maintenus sous vitrine : le lieu entend raconter, avec dignité et climatisation, l’une des périodes les plus stables du football italien.

Installé dans un ancien bâtiment public reconverti en lieu de mémoire, le musée retrace avec un soin presque offensant les grandes non-participations italiennes de 2018, 2022 et 2026. Dès l’entrée, le visiteur est accueilli par une pièce maîtresse : trois maillots de la Nazionale dans un état de fraîcheur exceptionnel, “n’ayant connu ni sueur, ni tacle, ni humiliation en phase de groupes”, précise le cartel.

Plus loin, une salle entière est consacrée aux albums Panini restés théoriques. Sous verre, des pages consacrées aux poules, aux affiches et aux parcours possibles rappellent qu’à une époque pas si lointaine, l’Italie nourrissait encore l’ambition radicale de participer. Un dispositif sonore diffuse à intervalles réguliers des phrases authentiques de supporters : “Cette fois, on y va”, “Le groupe est prenable” et “De toute façon, en tournoi, l’Italie se transforme”, juste avant l’extinction progressive des lumières.

Le parcours se poursuit avec une reconstitution fidèle d’un salon italien pendant la Coupe du monde. Télé allumée sur Argentine-Danemark, canapé beige, assiette de pâtes abandonnée, oncle silencieux regardant fixement le vide : l’installation, saluée pour son réalisme presque cruel, permet aux visiteurs de revivre l’expérience nationale dans ses moindres détails.

Le musée propose aussi une galerie des “objets qui auraient pu servir” : drapeaux jamais dépliés, réservations d’hôtel jamais confirmées, écharpes encore étiquetées, et même un billet d’avion fictif Rome-Los Angeles 2026, présenté comme “œuvre de prospective interrompue”. Dans l’aile pédagogique, des groupes scolaires découvrent quant à eux, parfois avec incrédulité, que l’Italie a déjà disputé des Coupes du monde. “Au début, ils pensent qu’on leur parle de l’Empire romain”, confie un médiateur.

Au dernier étage, une salle plus solennelle célèbre la stratégie italienne dite de l’invincibilité par absence. Un panneau rappelle ainsi que la Squadra Azzurra n’a encaissé aucun but lors des trois dernières Coupes du monde, performance rendue possible par une politique cohérente de non-présence. “Il faut aussi regarder les chiffres”, souffle un guide, devant des visiteurs visiblement ébranlés.

La boutique, déjà prise d’assaut, propose enfin une série de souvenirs exclusifs : mugs “Qatar 2022, quelle aventure”, magnets des stades jamais visités et coffrets collector “Road to nowhere”. Selon la direction, une extension est d’ores et déjà envisagée. “On préfère anticiper”, glisse le conservateur. “Avec l’Italie, on n’aime pas être pris de court.”