ISLAMABAD — Les discussions ouvertes entre l’Iran et les États-Unis sur une trêve plus durable ont pris un tour inattendu, après l’apparition, côté iranien, d’une demande jugée “sportive mais non négociable” : obtenir l’organisation de la prochaine Coupe du monde, tout en demandant aux États-Unis de renoncer à y participer. Une proposition faite depuis le Pakistan qui s’ajoute à une séquence déjà marquée par une suspension temporaire des bombardements américains et par la demande iranienne à la FIFA de déplacer ses propres matches de 2026 hors du territoire américain.
Selon plusieurs sources proches du dossier, les négociateurs américains pensaient encore discuter sanctions, garanties de sécurité et libre circulation maritime lorsque la délégation iranienne aurait sorti un second classeur, visiblement préparé de longue date, intitulé : Paix durable et conditions raisonnables pour un tournoi mondial digne de ce nom.
À l’intérieur, un projet en plusieurs points. D’abord, l’Iran se dit prêt à accueillir la compétition “malgré quelques stigmates techniques encore visibles”. Ensuite, il estime que les États-Unis, compte tenu du contexte, pourraient faire preuve d’élégance en regardant le tournoi depuis chez eux. Plusieurs enceintes “entièrement opérationnelles ou émotionnellement prêtes” seraient prévues. À Ispahan, un stade serait déjà présenté comme “semi-rénové, semi-symbolique”. À Chiraz, une tribune provisoire offrirait une vue directe sur un cratère conservé “à des fins mémorielles et pour donner du relief au pressing”. À Téhéran, la cérémonie d’ouverture pourrait inclure un survol d’avions… cette fois dans un cadre contractuel beaucoup mieux vécu par le public.
“Nous ne parlons pas d’exclusion”, aurait précisé un négociateur iranien. “Nous parlons d’un retrait volontaire, apaisé, presque élégant. On ne bombarde pas un pays au printemps pour lui proposer ensuite un vestiaire climatisé en juin.”
À Washington, la proposition aurait d’abord été prise pour une plaisanterie. Puis pour une mauvaise traduction. Puis, après lecture de l’annexe intitulée « Participation américaine : vers une absence constructive », pour une position parfaitement sérieuse.
À la FIFA, on suivrait l’affaire avec une fatigue grandissante. L’instance savait déjà que l’Iran souhaitait éviter de jouer ses matches de 2026 aux États-Unis. Elle découvre désormais qu’un cran supplémentaire a été franchi : Téhéran ne veut plus seulement déplacer ses rencontres, mais récupérer tout le tournoi et demander poliment aux Américains de ne pas venir.
En Iran, la demande est présentée comme un effort sincère de réconciliation. “Nous tendons la main”, assure un proche du dossier. “Mais pas au point de laisser les États-Unis entrer sur le terrain.”
À ce stade, personne ne sait si les négociations aboutiront, ni si la FIFA acceptera un Mondial reposant à la fois sur un cessez-le-feu fragile, des stades “émotionnellement prêts” et l’absence diplomatiquement recommandée de l’une des grandes nations du football. Mais à Téhéran, on reste confiant : la paix, au fond, n’a jamais été qu’une longue discussion sur qui organise quoi, et qui regarde depuis le canapé.



















