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L’Élysée demande au Vatican de garder quelques crises françaises pendant l’été

L’Élysée demande au Vatican de garder quelques crises françaises pendant l’été

VATICAN — En déplacement officiel au Saint-Siège, Emmanuel Macron aurait profité de son entretien avec le pape pour évoquer un sujet devenu central à l’Élysée : le manque de place. Selon plusieurs sources proches du dossier, la présidence française aurait discrètement demandé au Vatican s’il était possible d’héberger, pour quelques semaines seulement, une partie des crises françaises en cours, le temps de retrouver à Paris “un peu de marge, de calme et éventuellement une salle vide”.

L’idée aurait émergé en milieu de réunion, alors que les deux parties abordaient les tensions internationales, les conflits en cours et l’état général du monde, déjà peu encourageant. À ce moment précis, un conseiller français aurait glissé, sur le ton de la plaisanterie administrative, que la France ne manquerait pas de priorités, mais plutôt d’endroits où les ranger.

“Nous avons actuellement plusieurs polémiques, deux ou trois débats très nerveux, un sujet budgétaire qui prend de la place, des susceptibilités institutionnelles en vrac, et un dossier sur la laïcité qui ne peut plus être laissé près d’une fenêtre”, aurait confié un proche de la délégation. “L’idée n’était pas de déranger le Saint-Siège, simplement de voir s’il restait une petite chapelle latérale, un placard, ou à défaut une pièce sobre, fraîche et bien ventilée.”

Le Vatican, d’abord surpris, aurait demandé des précisions sur la nature exacte des objets à entreposer. La partie française aurait alors évoqué “des controverses légèrement inflammables”, “deux ou trois emballements médiatiques encore chauds”, ainsi qu’un stock important de débats nationaux mal refermés. Une attention particulière aurait été portée à plusieurs séquences de communication jugées trop instables pour rester dans les locaux habituels.

D’après des fuites, le cabinet présidentiel aurait même préparé un premier inventaire. Parmi les éléments susceptibles d’être transférés figureraient une polémique sur l’autorité, trois débats récurrents sur l’identité du pays, un lot d’indignations en parfait état de conservation, ainsi qu’un carton entier de phrases commençant par “la République ne reculera pas”. L’ensemble serait actuellement conservé à Paris dans des conditions précaires, à proximité d’autres dossiers déjà nerveux.

Le Vatican aurait opposé une fin de non-recevoir polie, tout en reconnaissant une certaine qualité dans la présentation du problème. “Le Saint-Siège peut accueillir des pèlerins, des archives, des œuvres et parfois des chefs d’État”, aurait indiqué un responsable. “En revanche, nous ne sommes pas équipés pour stocker durablement une querelle française sur l’autorité parentale, un débat sur l’école ou une séquence de communication mal éteinte.”

À l’Élysée, on minimiserait toutefois la portée de l’épisode. Un conseiller assure qu’il ne s’agissait pas d’une demande formelle, mais d’une “exploration logistique à visée préventive”, la présidence cherchant en permanence des solutions innovantes pour éviter l’encombrement démocratique. “Nous faisons déjà beaucoup avec peu d’espace”, résume-t-il. “Mais il arrive un moment où une crise sociale, un débat budgétaire et une séquence identitaire ne peuvent plus cohabiter décemment dans le même couloir.”

L’affaire aurait néanmoins suscité un certain intérêt dans plusieurs chancelleries européennes. Certaines capitales, confrontées elles aussi à des surplus ponctuels de polémiques, observeraient avec attention la possibilité de créer, à terme, un mécanisme de stockage commun. Bruxelles réfléchirait déjà à un entrepôt mutualisé pour controverses nationales de faible intensité, tandis que Rome aurait proposé de reprendre uniquement ce qui tient dans des chemises cartonnées.

En France, l’idée séduit jusque dans certains ministères. “Si le Vatican peut prendre deux ou trois sujets jusqu’à l’été, on respire tout de suite mieux”, glisse un haut fonctionnaire. “On ne demande pas un miracle. Juste un peu de place.”

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