Accueil / France / L’État promet de monter une commode Ikea en moins de cinq ans

L’État promet de monter une commode Ikea en moins de cinq ans

L’État promet de monter une commode Ikea en moins de cinq ans

ORLÉANS — Après le succès de la reconstruction de Notre-Dame, le gouvernement a annoncé l’extension de la “méthode Notre-Dame” au montage des meubles Ikea, considéré comme l’un des derniers grands chantiers civilisationnels français encore insuffisamment pilotés par l’État.

Le projet pilote a été lancé mardi matin dans le salon d’un couple d’Orléans, en présence du préfet, de trois sous-préfets, d’un architecte du patrimoine domestique, d’un huissier, d’un représentant du ministère de l’Industrie et d’un homme silencieux tenant la clé Allen dans un coffret de velours.

Objectif affiché : démontrer que la France peut encore monter une commode suédoise à six tiroirs dans un délai inférieur à celui d’une ligne de tramway, sans compromettre la qualité du vissage ni l’intégrité émotionnelle du foyer.

“Il n’y a aucune raison que nous ayons pu reconstruire Notre-Dame en cinq ans et que des Français restent bloqués pendant tout un dimanche sur l’étape 7B”, a déclaré un conseiller, en désignant une planche dont le sens n’avait pas encore été officiellement validé.

La commode, modèle fictif mais très probablement nommé FLÜRGÅN, a été posée au centre de la pièce sous une bâche blanche. À 9h12, le préfet a donné le coup d’envoi du chantier en retirant solennellement le sachet de vis numéro 1. Une minute de silence a ensuite été observée en mémoire de tous les chevilles en bois perdues sous les canapés depuis 1986.

Afin d’éviter les erreurs du passé, une gouvernance robuste a été mise en place. Le chantier sera dirigé par un établissement public ad hoc : Montage Mobilier France 2030, placé sous la double tutelle du ministère de l’Industrie et du secrétariat d’État à la Cohérence des Notices. Un comité scientifique indépendant sera chargé de vérifier que les pictogrammes sans visage représentent bien un adulte calme et non un couple au bord de la séparation.

Les premières difficultés sont apparues dès l’ouverture du carton, lorsqu’un panneau latéral a été identifié comme pouvant potentiellement être un fond, un dessus ou “une pièce importante qu’on reconnaîtra plus tard”. Par prudence, l’État a suspendu l’opération pendant quarante-sept minutes afin de mener une concertation locale.

Le maire d’Orléans a salué “un moment fort pour le territoire”, rappelant que la ville avait déjà une longue tradition de résistance face aux notices hostiles. La région a annoncé de son côté une subvention de 2,4 millions d’euros pour former les jeunes aux métiers d’avenir : repérage de vis, distinction entre gauche et droite inversées, et respiration abdominale avant l’étape 11.

Le caractère patrimonial du meuble fait cependant débat. Plusieurs experts estiment que la commode, une fois montée, ne devra pas être déplacée pendant au moins cent cinquante ans, sous peine de perdre son âme structurelle. Une flèche décorative pourrait même être ajoutée sur le dessus, “pour inscrire l’objet dans une verticalité républicaine cohérente”.

Dans l’après-midi, le chantier a connu une avancée majeure avec la fixation du premier tiroir. L’événement a été salué par une salve d’applaudissements, aussitôt interrompue par la découverte d’une vis surnuméraire. Le préfet a immédiatement activé la cellule interministérielle “Pièce restante”, déjà mobilisée en 2019 après l’apparition inexpliquée d’un boulon dans une table basse.

La commode devrait être livrée au couple “dans un délai compatible avec les ambitions de la Nation”, selon Matignon. En attendant, les vêtements resteront empilés sur une chaise, que le gouvernement envisage désormais de classer en solution transitoire d’intérêt général.

Une cérémonie d’inauguration est prévue dès que le dernier tiroir coulissera sans bruit. Le président pourrait alors dévoiler une plaque commémorative : “Ici, la France a prouvé qu’elle savait encore assembler deux planches sans renoncer à son destin.”

Étiquetté :